troquons, échangeons, multiplions les graines

14 Fév
ca pousse - copie

jeunes pousses de mâche au jardin, pélussin, été 2015. photo : agencedesours

Nature en sommeil, outils rangés, jardinier au repos. La proche fin de l’hiver conduit à se plonger dans l’état des stocks de semences, en attendant le signal d’envoi de la nouvelle saison. Les sachets du commerce sont toujours trop gros : que peut-on faire de 6 000 graines de carottes ? La nature est tout aussi généreuse : une seule tomate cerise contient potentiellement plus de plants que nous n’en cultiverons jamais dans les 5 prochaines années. Et puis, je tenterais bien le fenouil bronze, l’herbe à la ouate, la cyclanthère, les céleris perpétuels… Mais voilà, comme tous les jardiniers, j’ai beaucoup trop de graines de certaines plantes, et il me manque celle que je voudrais pour accroître encore la biodiversité de notre jardin…

La solution : le troc de graines. Deux sites existent : semeurs.fr et grainesdetroc.fr. Je viens de m’inscrire sur le premier, je ne parlerais pour l’instant que du second que je pratique.

capture graines de troc

la plateforme d’échanges de graines de troc

Graines de troc a été fondé au printemps 2012 par un ancien informaticien reconverti dans le maraîchage. Le site est bien fichu, facile d’utilisation, basé sur un système simple : un sachet de graines envoyé  = un jeton = un sachet de graines à commander. L’association peut assurer les premières commandes d’un nouvel adhérent (c’est ce qui m’est arrivé) afin de lui permettre d’obtenir ses premiers jetons.

Les échanges se font parmi toute la communauté des adhérents (pas de besoin d’accord de gré à gré) et ne coûte que le prix de l’envoi par la poste. Il est aussi possible d’échanger des boutures. Le choix peut se faire parmi les 5 500 variétés de fleurs, légumes, fruits, arbustes ou arbres. Environ 1000 trocs sont continuellement en cours. On peut envoyer des messages aux troqueurs via la messagerie du site.

Quelques trucs :

  • enrichissez la biodiversité du site en proposant des espèces ou variétés nouvelles (vérifiez qu’elles n’existent pas déjà sur le site pour éviter les doublons),
  • n’hésitez pas proposer des graines de plantes sauvages
  • abstenez-vous de diffuser des espèces invasives
  • renseignez votre profil avec le type de jardin que vous avez et votre personnalité de jardinier : ces informations sont utiles pour savoir d’où viennent les graines, si les plantes ont une bonne chance de se plaire dans votre jardin et, pourquoi pas tisser des liens d’affinités.
  • conservez les enveloppes à « bulles » d’occasion, elles seront utiles pour l’envoi de boutures ou de graines fragiles.

Graines de troc met en ligne un agenda (fêtes des plantes, trocs locaux, ateliers, etc) et  accompagne également la création de grainothèques, comme celle de la médiathèque du Rize, à Villeurbanne, ouverte en mai 2015. Il en existe désormais 170.

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la boite à graines de la médiathèque du Rize, à Villeurbanne. photo : DR

Le site propose enfin un tas de ressources utiles en ligne : des films, des guides, une gazette par saison ; des conseils pour faire ses graines, cultiver son jardin, réaliser un purin d’orties ; des portraits de jardiniers, des catalogues de variétés anciennes, une initiation à la permaculture… Bref, que du bon !

 

 

 

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début de désintox au jardin

7 Fév

Bien vu….

Un dessin de Colcanopa

 

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début de désintoxication au jardin, illustration : colcanopa (colcanopa.com)

Tests de pratiques en cours : bilan & perspectives

2 Fév

Notre jardin aura cette année 10 ans. Nous étions au départ de parfaits néophytes. Ce handicap a été en fait un avantage : faute de disposer d’un mode d’emploi, nous nous sommes lancés dans des expériences diverses et variées sans a priori.

Certaines ont été volontaires, d’autres le fruit du hasard, d’une erreur ou d’une négligence.

L’objectif a été, lui, constant : créer un jardin beau, bon et bio, et surtout avec le moins de travail possible.

Ce qui ne marche pas : les échecs répétés

Ouvrir une petite parcelle dans un pré, jeter une poignée de terreau et quelques graines, attendre que ça pousse. Résultat : les jeunes plantes sont immédiatement étouffées par la végétation déjà bien installée autour.

Arbuste et arbres laissés croître dans un coin où ils vont finir par être gênants. Résultat : petits, ils sont mignons, mais ils deviennent une plaie à couper et déraciner une fois qu’ils ont grandi. Et cela va plus bien vite qu’on ne le croit…

Le basilic cultivé en pleine terre. Résultat : Limaces, coup de chaud ? Quelque soient nos soins et la situation (soleil, mi-ombre, ombre légère, terre de massif ou de potager), le plant disparaît chez nous en quelques jours. Mais il y a de l’espoir ! (lire plus bas).

Ce qui marche vraiment : les succès confirmés

Couverture constante du sol : par un paillage (carton, paille, feuilles mortes, déchets végétaux divers) ou par la végétation, qu’elle soit cultivée ou spontanée.

Absence de travail du sol : nous ne bêchons pas, nous ne labourons pas, nous n’utilisons pas de grelinette.

Résultat : deux pratiques combinées permettent de conserver un sol meuble et en constante amélioration grâce à l’action des vers de terre, la décomposition des végétaux, le rôle des racines des plantes vivantes. La terre garde son humidité, les cultures réclament peu d’arrosage et de désherbage. On assiste à une disparition progressive des végétaux pénibles (« mauvaises herbes » coriaces comme les graminées) au profit de plantes bio-indicatrices des sols équilibrés, comme le mouron blanc, comestible et facile à éliminer d’un coup de griffe.

Ce qui pourrait bien marcher : les pratiques expérimentées, à renouveler et confirmer

Lutte contre les campagnols :

– installation d’un grillage fin au fond (environ 50 cm de profondeur) et remontant sur les bords de carrés potagers. Résultat : un carré épargné depuis deux ans, un autre qui a été attaqué en fin d’été dernier. A venir : vérifier « l’étanchéité » du grillage, surélever les bords qui affleurent sur le coté amont de la pente.

– une poignée de tourteau de ricin dans les galeries. Résultat : éloignement des campagnols. A venir : enfouissement sur l’ensemble du potager de ce tourteau, qui est aussi un bon engrais naturel.

Absence de taille, de tuteurage et de traitement de plants de tomates. Résultat : aucune maladie bien que les tiges ont trainé par terre, dans l’herbe, les ronces ou la mélisse, pieds très vigoureux, production abondante. A venir : recommencer avec différentes variétés, comparer avec la même variété conduite classiquement.

Plantation de fleurs et arbustes en godet ou à racines nues sans tasser la terre autour du pied et sans arroser. Résultat : 100 % de reprise quand l’opération est effectuée en automne et hiver. A venir : recommencer et essayer au printemps ou en été.

Bouturage d’arbustes dans des godets de terre, quelque soit l’époque de l’année, à partir de branches taillées ou accidentellement cassées. Résultat : 100 % de réussite en plaçant les pots à l’ombre légère, exposition nord. A venir : diversifier les espèces.

Culture du basilic et des piments en pot, sur la terrasse. Résultat : ces plantes profitent d’un ensoleillement et d’une chaleur maximale grâce à une exposition sud, devant un mur sombre. C’est la première fois que nous réussissons à maintenir un pied de basilic et que nous récoltons des piments qui ne parvenaient jusqu’alors pas à maturité. L’arrosage reste gérable. A venir : recommencer.

On verra bien : techniques à expérimenter prochainement

Paillage avec de la laine brute, en sortie de tonte, afin d’apporter de la matière organique animale à notre sol très chargé en carbone.

Lutte contre les campagnols : sur l’exemple du permaculteur autrichien Sepp Holzer, culture de plantes « de diversion » autour du potager, comme des topinambours, afin que les campagnols s’en régalent plutôt que de nos légumes.

Die, merci !

2 Fév

Merci aux  jardiniers et curieux venus nombreux samedi 30 janvier à la causerie autour du jardin de week-end, à Die, lors des rencontres de l’écologie au quotidien. Merci pour vos questions, le partage de vos expériences, vos trucs et astuces, votre bel enthousiasme !

Et un coup de chapeau à l’équipe organisatrice, efficace et chaleureuse !

A bientôt

 

 

 

rencontre à die (drôme) le 30 janvier 2016

8 Jan

Pour ceux qui sont dans le coin, ont envie de prendre l’air et de tailler une petite bavette (bio), nous serons présents aux 24e rencontres de l’écologie au quotidien, à Die, dans la Drôme. Le programme de ces rencontres, qui ont lieu du 22 au 31 janvier 2016, est varié avec des animations et conférences autour des bio-territoires, des forêts, de la permaculture, de l’alimentation, de la pédagogie, du yoga sur chaise ou encore de la vie des petites bêtes. Concernant notre pomme, vous la verrez le samedi 30 janvier de 10 h à 12 h autour de notre guide Je ne jardine que le week-end, aux éditions de Terre Vivante.

 

vive les pestes 9 : le chénopode et l’amaranthe

29 Juin
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chénopode blanc (sur fond de feuille de courgette), photo : agence des ours.

Le chénopode fait partie des « mauvaises herbes » les plus courantes et les plus exaspérantes pour les jardiniers. Il n’est pas bien beau, avec ses feuilles triangulaires qui évoquent un pied d’oie, d’ou vient son nom : chenos en grec = oie, podos = pied (on l’appelle aussi parfois « ansérine », anser = oie en latin). Le feuillage est souvent grisâtre et « farineux », comme pour le très commun chénopode blanc. Les fleurs sont insignifiantes.

Les chénopodes font partie de la même grande famille que les amaranthes (ou amarantes), autres « pestes », appréciées dans leur version décorative dite « queue de renard » en raison de leurs belles hampes rouges (à gauche), mais traquées partout dans leur formes spontanées, l’une des plus répandue étant l’amaranthe réfléchie (à droite).

Les unes et les autres sont caractéristiques de sols fertiles, riches en azote, ce qui n’est déjà pas une mauvaise nouvelle en soit.

Autre lot de consolation : chénopodes et amaranthes sont en fait de « bonnes herbes », longtemps cultivées avant de tomber en détestation. Une des espèces de chénopodes s’appelle d’ailleurs « bon-henri », car, dit la légende, il était apprécié du bon roi Henri IV (en réalité, ce serait plutôt un dérivé du vieil allemand, heinrich désignant les plantes qui poussent près de la maison). Quelques-unes de leur proches cousines sont d’ailleurs toujours en bonne place dans les potagers : ce sont les blettes, les betteraves, les épinards, ou encore le quinoa ! Font aussi partie de cette vaste fratrie les arroches, ces « légumes oubliés » de retour dans nos jardins, et dont l’air de famille est d’ailleurs plus marqué avec leur ancêtres sauvages.
Jardiniers envahis, réjouissez vous ! Là où poussent ces plantes signifie que le sol est a priori favorable pour la culture de leur descendantes cultivées (blettes, etc.). Elles sont aussi comestibles : les graines se consomment comme le quinoa, les feuilles crues ou cuites à la manière des épinards, avec les mêmes précautions (comme l’épinard, chénopodes et amaranthes contiennent de l’acide oxalique, à déconseiller pour ceux qui sont fragiles des reins). Elles sont en revanche toutes deux riches en vitamines et minéraux.

nos amis les vers

28 Mai

Vu sur le site du Monde un intéressant reportage sur l’ingénierie écologique, autrement dit l’utilisation de petites bêtes (fourmis, vers de terre, coccinelles, guêpes…) pour lutter contre les ravageurs des cultures mais aussi accélérer la réparation des sols souillés par les polluants (pesticides, hydrocarbures).